«Les jolis deuils» de Marjolaine Bouchard: faire les choses autrement

02.02.2020
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PHOTO COURTOISIE. Les jolis deuils, tome 1 : Retour à Port-aux-Esprits. Marjolaine Bouchard. Les Éditeurs réunis. 352 pages





PHOTO JEAN-FRANÇOIS DESGAGNÉS. Marjolaine Bouchard



Marie-France Bornais

MARIE-FRANCE BORNAIS

 

Après avoir raconté la vie des agriculteurs d’antan au Saguenay–Lac-Saint-Jean dans son roman précédent, Les belles fermières, Marjolaine Bouchard raconte un grand changement dans les traditions – l’arrivée des premiers salons funéraires – dans son nouveau roman, Les jolis deuils.   

Son histoire est cadrée dans les années 1950. Yves Lacombe, au terme d’une première année de médecine à Montréal, rentre chez lui, à Port-aux-Esprits, pour les vacances d’été. Mais le malheur frappe dans la petite communauté et une série de décès survient.    

Yves Lacombe accepte de prêter main-forte à l’entrepreneur de pompes funèbres de la petite ville, puis prend le relais, au grand dam de son père, qui voulait absolument qu’il devienne médecin, et de sa mère, qui ne veut pas entendre parler de la mort.    

Heureusement, il a l’appui de ses frères et sœurs, de sa tante Violette, et son métier de croque-mort ne rebute pas la belle Hortense.   

Marjolaine Bouchard, une romancière fascinée par l’histoire et les traditions, a beaucoup aimé raconter les grands bouleversements survenus au Québec, lors de la naissance des premiers «salons mortuaires», comme ils s’appelaient dans les années 1950.   

«Je suis plongée dans cet univers qui peut paraître sombre, mais il y a un bel oxymore dans le titre du roman, Les jolis deuils. On juxtapose deux termes qui peuvent paraître contradictoires, avec le deuil, sombre et triste, et jolis, qui donne une note agréable. Il y a des passages qui sont plus légers on n’est pas toujours dans la tristesse, le morbide et la tragédie.»   

Les traditions   

Autrefois, explique-t-elle, les corps étaient exposés dans les maisons privées. «Le corps ne sortait pas de la maison. On le déposait sur ce qu’on appelait “les planches” ou encore dans le lit du mort. On faisait sa toilette, on l’habillait, puis les gens venaient dans la maison. Ça durait trois jours. Les gens veillaient le corps jour et nuit. C’était un rituel très imposant pour les familles, qui a duré longtemps.»   

Après trois jours se déroulait ce qu’on appelait «la levée du corps. On déposait le mort dans le cercueil et le cortège funèbre s’en allait à l’église.»   

Avec l’arrivée des salons funéraires, les traditions ont changé. «Ça a quand même pris des années avant que la population veuille laisser partir ses morts et les faire préparer par quelqu’un d’autre, parce que c’était vraiment ancré dans les coutumes, dans les traditions. Mon personnage a à vivre ce changement... et il y a beaucoup de gens qui sont contre!»   

Témoignages  

Elle a fait beaucoup de recherches pour raconter les anciennes façons de faire les choses.   

«J’ai rencontré de vieilles personnes pour avoir des témoignages : elles m’ont raconté les corps exposés dans les maisons. J’ai lu des documents là-dessus. Quand on va dans les salons funéraires, on va voir le clinquant, les beaux cercueils, les fleurs... mais j’essaie de présenter ce qui se passe en arrière, dans les coulisses.»   

Marjolaine note qu’on a tendance à occulter la mort. «On ne veut pas penser à ça... mais j’ai trouvé ça intéressant. Il y a quelque chose de très beau dans les grands sentiments qu’on peut découvrir, après la mort d’un proche. Il y a quelque chose de très palpable et de sensible qui ressort de tout ça.»      

  • Marjolaine Bouchard, romancière primée, a écrit plusieurs romans, dont Les portes du couvent et Les belles fermières.  
  • Elle habite maintenant à Québec et souhaite intégrer sa communauté culturelle et littéraire.                                                                                                                                                                                                          Картинки по запросу www.journaldequebec.com
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